[#PLIB2018] Les Sœurs Carmines (saga)

Ariel Holzl, 2017

carmines1.png

 #ISBN:9782354085451

Ca fait un petit moment que je ne t’ai pas parlé de mon avancée dans les lectures du Prix de l’Imaginaire. Sur les sept livres de la sélection finale, je t’ai déjà donné mon avis sur Lebenstunnel de Oxanna Hope, Le Souffle de Midas d’Alison Germain et Sirius de Stéphane Servant, et j’ai pris un peu plus de temps avant de te parler des Soeurs Carmines puisque j’ai décidé de lire toute la trilogie avant de rédiger cette chronique. Le fait que j’aie acheté les trois tomes devrait te donner un bon indice sur mon appréciation.

Je ne me suis d’ailleurs pas lancée toute seule dans cette aventure, puisque Cha’ m’a proposé de les lire avec elle, et je crois qu’on était toutes les deux ravies de pouvoir se remettre de notre déconfiture-Outlander et de réaliser que toutes nos lectures communes ne seraient pas forcément traumatisantes (yay !).

Je ne serais pas étonnée que tu aies déjà entendu parler de ces chères Sœurs Carmines (si tu t’interroges aussi sur la présence du pluriel sur le nom de famille, sache qu’en bonnes grammar-nazies, Cha’ et moi nous sommes posé la question, et l’auteur himself nous a expliqué que c’était pour donner une coloration anglaise, parce que les dynasties anglo-saxonnes prennent un « s » en anglais. Et paf, de la culture générale sans prévenir), parce que ces trois tomes colorés ont déjà bien tourné sur la blogosphère. Comme d’habitude, je me méfie des livres dont on dit trop de bien, et le cocktail de livre à succès ET roman jeunesse m’aurait probablement convaincue de ne jamais les ouvrir s’il n’y avait pas eu le PLIB, je ne peux donc que remercier cet événement pour me les avoir mis de force dans les mains, parce que ce fut très, très sympathique.

Si le début peut prendre des faux airs d’Orphelins Baudelaire, on se rend rapidement compte que le trio des frangines évolue dans un registre bien différent. Merryvère, Tristabelle et Dolorine sont des arnaqueuses, des langues de vipère et des anti-héroïnes assez fantastiques, chacune dans son registre bien particulier, et si je n’ai pas forcément eu envie de les plaindre, elles ont un côté follement attachant que je n’aurais pas soupçonné en premier lieu.

Chaque tome s’attarde donc sur une des trois sœurs, qui vivent dans un univers grinçant, cynique, fantastique et urbain, dans la lignée de Tim Burton ou Neil Gaiman. A Grisaille, les corbeaux remplacent les pigeons, la mort ne fait peur à personne et on décore les pendus pour les garden-parties. Ce décor est redoutable, on y plonge en quelques pages et il nous happe immédiatement. Les critiques que j’ai pu lire sont assez unanimes sur ce point : le cadre est très fouillé et très efficace.

Pour renforcer cet esprit décalé, il faut bien entendu parler de l’humour, omniprésent tout au long des trois tomes. On a droit à une sacrée dose d’humour noir, comme tu peux t’en douter, mais aussi à une délicieuse quantité d’absurde, tant dans les situations que dans les propos de certains personnages, et ce ton léger rajoute une belle plus-value à l’histoire. Les jeux de mots sont savoureux, et le fait de le lire en tandem a probablement rajouté une part de fun puisque autant Cha’ que moi passions pas mal de temps à envoyer à l’autre les passages les plus drôles.

Au niveau des thèmes, on sent que les influences d’Ariel Holzl sont extrêmement variées. Si la comparaison avec Neil Gaiman et Tim Burton est instantanée grâce à l’ambiance gothique et décalée, on touche aussi à d’autres registres plus inattendus, comme ceux de Jane Austen pour les critiques qu’elle fait à la haute société anglo-saxonne et Zola pour ses romans d’éducation sentimentale. Eh oui, entre deux vannes bien piquantes, Les Soeurs Carmines parodie les intrigues classiques et soulève des questions intemporelles. On peut aussi souligner son envie de mettre les femmes sur le devant de la scène, et il est clair dès le début qu’aucune de ces trois demoiselles n’a besoin d’être secourue par un preux chevalier. Ce qui relie les Carmines, c’est leur côté débrouillard et leur facilité à retomber sur leurs pattes, un trait de caractère qui m’a directement aidée à les apprécier.

Justement, il faut également que je te parle des personnages, puisqu’ils sont au centre du récit. Le premier tome s’intéresse principalement à Merryvère, la tête froide de l’équipe. Des trois, ce n’est pas forcément celle qui a la personnalité la plus forte, et je pense que c’était une bonne idée de démarrer la trilogie avec elle, pour qu’on ait le temps de s’acclimater à l’univers aux côtés une héroïne assez sympathique. Parce que celle qui marque les esprits, c’est surtout Tristabelle, l’aînée égocentrique, insupportable et obnubilée par l’apparence physique. Si elle en a fait hurler plus d’un dans le premier tome, j’ai adoré entrer dans sa tête pour le deuxième, puisqu’elle va se révéler bien plus intéressante et complexe que prévu. Et puis enfin, la friandise finale, c’est le troisième tome avec Dolorine, cette chère petite qui parle aux fantômes et qui trimballe partout sa poupée aux envies meurtrières. Les personnages secondaires ne sont pas en reste, et j’ai pris un énorme plaisir à découvrir toute cette joyeuse bande de fous furieux qui m’ont fait rire plus d’une fois.

Au final, et ce n’est pas forcément ce que j’aurais prédit, le deuxième tome est certainement celui que j’ai préféré, même si les trois ont d’excellents arguments. J’espère d’ailleurs qu’Ariel Holzl envisage une suite à la trilogie, parce que beaucoup de questions me semblent encore sans réponse et que cet univers a un sacré potentiel d’approfondissement. Une chose est sûre, si suite il y a, je serai de la partie, et je rejoindrai avec joie les trois sœurs et leur entourage infernal.

Evidemment, j’aurais eu envie de te mettre une chanson de l’Etrange Noël de Monsieur Jack comme accompagnement musical, mais j’aurais eu l’impression de céder à la facilité (et de toute façon, j’ai déjà grillé ce joker dans ma chronique de Les Yeux)J’ai donc dû me creuser les méninges un peu plus, et finalement je suis tombée sur cette fabuleuse scène du film Beetlejuice, où toute la tablée est soudainement possédée et se met à chanter « Daylight come and me want go home« . Ca illustre bien le côté gothique, le ton humoristique, l’absurdité et le sordide, il n’en fallait pas plus pour me convaincre de partager avec toi cet extrait indémodable.

Edit : je suis tête en l’air, j’ai complètement oublié que le troisième tome pouvait être validé pour le challenge des Summer Short Stories hébergé par le lutin !

https://albdoblog.com/2018/06/17/challenge-summer-short-stories-of-sfff-saison4/

24 commentaires sur “[#PLIB2018] Les Sœurs Carmines (saga)

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  1. Arfff! Si toi aussi ty t’y mets, je ne vais guère pouvoir y évhapper!!!… J’aime bien ce que tu en dis, et je peux être séduite par ce ton décalé. Après, je ne connais pas Les orphelins Baudelaire, alors la comparaison ne se fera pas…

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    1. Comme parenthèse légère entre deux space opera, je pense que ça peut faire l’affaire 😀 Finalement la comparaison n’est pas pertinente, la configuration de base peut nous y faire penser mais le ton est très différent 🙂

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  2. Huhu je suis justement en train de lire le dernier tome, et je n’ai pas envie de le continuer parce que je veux pas quitter l’uniiiiveers D=
    En tous cas super chronique, j’ai aussi beaucoup aimé plonger dans cet univers complétement décalé ! =)

    Aimé par 1 personne

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