[Plaisir de lire] Tel un étang profond & Confidences assassines

Dans ma dernière rétrospective, je te parlais brièvement de deux romans suisses que j’ai eu la chance de recevoir au Salon du Livre de Genève. Depuis que je tiens ce blog, je lis de plus en plus de littérature locale, ce qui m’arrivait vraiment peu avant, et je compte bien continuer dans cette lancée puisque toutes mes découvertes se sont avérées payantes jusqu’ici. Je remercie donc chaudement les éditions Plaisir de Lire pour leur confiance, et je suis enchantée de te présenter ces deux beaux bébés !


Véronique Timmermans – Tel un étang profond (2019)

Ce roman nous met dans la peau d’Elise, jeune rescapée d’un accident de la route qui a emporté son compagnon. Durant sa convalescence, elle rencontre le docteur Julian Miles qui va tout tenter pour lui redonner envie de vivre. Leur relation s’installe rapidement et les années se succèdent, mais Elise pourra-t-elle clore ce chapitre qui la tire vers le bas ?

Je te le dis d’emblée, on est très loin de Avant toi ou de toute autre romance pleine d’espoir et de bons sentiments. Tel un étang profond nous propose une tranche de vie furieusement réaliste, et nous montre que, face à une perte si tragique et soudaine, la lutte reste difficile malgré le temps qui passe.

Cette lecture nous plonge dans une douce torpeur, les scènes se succèdent et on sent toujours qu’Elise n’est pas vraiment là, qu’elle avance de manière automatique et franchit les étapes presque malgré elle. J’ai aimé que l’histoire se prolonge sur plusieurs années, les conséquences de ce jour funeste s’étendent bien au-delà du choc initial et on prend conscience progressivement de l’ampleur du mal qui ronge la jeune femme.

Le texte est court mais saisissant, porté par une plume incisive. En quelques mots, on comprend la douleur d’Elise, l’impuissance de Julian, sa fascination pour cette femme énigmatique et la peur de ne pas la combler. Comme lui, j’étais coincée dans la peau du lecteur qui ne peut qu’observer, qui voudrait aider mais n’en a pas les moyens. L’expérience n’est pas simple, mais l’histoire montre beaucoup d’empathie, de sensibilité au fonctionnement humain et un regard très éclairé aux souffrances de la dépression. J’en garde un souvenir vif et marquant !


Stéphanie Glassey – Confidences assassines (2019)

Dans un petit village au cœur du Valais, la vieille épicière s’est éteinte pendant la nuit. On pense à une mort naturelle, mais les premières investigations réfutent cette théorie… Quelqu’un voulait-il faire taire celle qui recevait les confidences de tous ses voisins ? Mais qui aurait pu passer à l’acte, dans ce coin tranquille où tout le monde se connaît ?

J’ai mis deux bonnes semaines à lire ce roman : la taille y  est pour quelque chose (il fait plus de 600 pages), mais c’est surtout la plume qui m’a donné envie de prendre mon temps, pour savourer la mélodie des mots et les tournures élégantes. Il est rare de tomber sur un polar qui ose une écriture un peu plus lyrique, je tenais donc à saluer cette belle prise de risque.

On sait tout de suite qu’on est en Suisse : le choix du vocabulaire et les références locales ne font aucun doute, et c’est la première fois que je lisais un roman aussi imprégné de ma propre culture. J’avais l’impression d’enfiler de vieux chaussons confortables, et cette sensation m’a accompagnée tout au long de ma lecture. On a également un beau travail historique, avec une narration qui oscille entre deux époques, glisse quelques mots de patois valaisan et nous plonge dans un temps où les croyances et les apparences faisaient la loi. Et on constate amèrement que certains mécanismes néfastes sont encore bien ancrés aujourd’hui…

Quant à l’histoire, elle m’a tout simplement enchantée. Le scénario est bien construit, touffu, on est sur une enquête crédible et réaliste, loin des rebondissements spectaculaires et du FBI mais pas moins captivante pour autant. Chacun des personnages a sa personnalité bien travaillée, on s’attache un peu à tout le monde et on ne sait plus qui suspecter. J’ai aimé qu’on s’attarde sur les conséquences psychologiques d’un tel événement, le deuil, l’incompréhension, la méfiance qui s’installe, les rumeurs qui enflent et détruisent tout sur leur passage. Je ne dirai rien de plus pour préserver la surprise, mais c’est un sans faute pour moi, tant dans le suspense que dans le cadre, l’atmosphère et la narration. Un magnifique premier roman, je signe déjà pour le prochain !


Ce n’est pas la première fois que je te vante les mérites des auteurs suisses, et je suis très fière de contribuer, à ma petite échelle, à mettre en avant ces pépites trop peu connues. Si tu t’intéresses à la psychologie humaine, aux plumes élégantes et aux histoires qui marquent, je t’encourage vivement à te plonger dans l’un ou l’autre de ces titres. Et si j’ai pu attirer ton attention sur la maison d’édition et ses parutions, mon pari est déjà à moitié réussi !

6 commentaires sur “[Plaisir de lire] Tel un étang profond & Confidences assassines

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  1. Comme d’habitude, tu fais grimper ma wishlist à chaque fois que je lis tes chroniques x)
    Je suis plus tentée par Confidences Assassines maiiis Tel un étang profond me fait également totalement de l’œil ! Merci pour ces deux jolies découvertes ! =)

    J'aime

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