[Serial crocheteuse] Le pingouin de toutes les galères

Mais bonjour !

C’est l’été, le blog fonctionne au ralenti, mon rythme de lecture est totalement aléatoire… Qu’à cela ne tienne, je change de hobby comme de chaussettes et depuis quelques semaines, je suis fascinée/focalisée/obsédée par le crochet. J’en ai brièvement parlé dans mon dernier bilan mensuel, mais je me suis dit que ce serait chouette de décortiquer un peu cette nouvelle aventure (et ses nombreux ratés). Voici donc mon journal de bord au pays merveilleux des amigurumi (c’est le nom qu’on donne à ces petites peluches en crochet) !

L’histoire commence au début du mois de mai, avec la naissance de ma filleule d’amour. Il me faut un cadeau stylé, personnalisé, bref j’ai envie de marquer le coup et vu que je ne connais rien aux bébés, je sais que je vais vite tomber dans les classiques (la jolie tenue qui devient trop petite en deux semaines, ou alors le jouet beaucoup trop sophistiqué qu’elle ne pourra pas utiliser avant d’avoir deux ans). Et là, je me souviens qu’il y a quelques années (juste avant d’ouvrir le blog), j’avais eu une lubie crochet qui avait duré juste le temps d’acheter le matériel et de me lasser (avant d’avoir terminé quoique ce soit, évidemment). L’idée était lancée : j’allais faire une peluche.

Je découvre instantanément l’univers infini des patrons gratuits sur internet : j’avais déjà de la laine noire et blanche, j’ai donc réfléchi à un animal qui pourrait porter ces couleurs. Je suis tombée sur cet adorable modèle de pingouin, je me suis souvenue que ma laine était quand même très petite (parce qu’à l’époque, je voulais faire ces mini animaux qui tiennent sur un doigt, mais évidemment vu que je ne connaissais pas les techniques, je  ne voyais absolument rien à ce que je faisais. Maligne la fille) et que je voulais quand même un pingouin qu’elle ne pourrait pas avaler par inadvertance. Donc j’ai refait une commande de laine (ou plutôt de coton, d’ailleurs), j’ai fouillé dans tout l’appartement pour retrouver mes deux crochets (de taille différente) et c’est parti !

La première difficulté (et pas des moindres) quand on commence le crochet, c’est de comprendre les instructions. J’ai décidé d’apprendre directement en anglais parce qu’il y a beaucoup plus de modèles disponibles, et j’ai donc passé un certain temps à décoder des lignes de ce type :

R1: In sand, 4 sc in a magic ring. (4)
R2: (Sc, 2 sc) 2x around. (6)
R3: (Sc, 2 sc) 3x around. (9)

Evidemment j’ai compris tout faux, j’ai défait mon travail plusieurs fois, j’ai sué sur mon magic ring (il faut savoir que les amigurumis se travaillent traditionnellement en spirale, donc les démarrages se font souvent avec ce nœud rond), j’ai compté mes mailles n’importe comment, j’ai mal interprété ces parenthèses et ces chiffres, bref, les premiers pas ont été pénibles. Mais heureusement, YouTube existe, et on trouve des tutos pour tous les points possibles, donc entre mes vieux souvenirs de mes essais d’il y a quatre ans et les vidéos que je trouvais, j’ai réussi à faire un début de spirale.

Mais très vite est survenu un deuxième problème : le changement de couleur. Eh oui, pour la tête, on alterne entre noir et blanc à chaque ligne pour dessiner ce motif de cœur blanc. Sauf que pour que ce soit joli, il faut bien compter ses mailles, savoir exactement où on en est et pouvoir aligner tout ça (sans compter qu’il faut savoir comment changer de fil, et ça c’était pas gagné non plus). N’ayons pas peur des mots, j’y allais totalement au pif, parce que je n’avais pas de moyen de marquer la fin de chaque tour (dans tous les tutos, les gens ont des jolis bouts de plastique colorés et ça m’embêtait d’acheter trop de matériel spécifique) et que je me croyais plus maligne que ça (spoiler alert : non). J’ai essayé quand même un bout pour voir, et je me suis retrouvée avec ça :

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C’est pas très joli, c’est bizarrement pointu, et ce qui me chiffonne dans chaque tuto que je vois, c’est que j’ai l’impression que les gens ne plantent pas leur crochet exactement au même endroit que moi pour faire des mailles simples. Alors je reprends les bases, et je réalise que oui, effectivement, je faisais faux depuis le début. Et qu’on peut tout à fait marquer la fin d’un tour avec des objets du quotidien comme des trombones ou des sixtus (et c’est là que je réalise que c’est un mot suisse, et qu’en France vous appelez ça des épingles à cheveux). Ce qui est beau dans le crochet, c’est qu’on apprend la résilience : voilà que je défais tout mon travail, tel un mandala dessiné dans le sable, pour reprendre sur de meilleures bases avec la bonne technique (et en comptant mes mailles !). Et ça se passe carrément mieux.

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Sauf que (bis) : j’étais tombée sur un tuto qui parlait du changement de couleur, et qui proposait de garder le fil dont on ne se sert pas caché dans les mailles de l’autre, pour éviter de devoir couper sa laine sans arrêt et faire des nœuds partout. Alors sans trop remettre cette méthode en question, j’ai fait toute la tête, pour me rendre compte de trois inconvénients :

  1. Vu le contraste entre noir et blanc, le fil inutilisé se voit carrément à travers.
  2. Ca consomme beaucoup plus de fil que si on coupe à chaque changement.
  3. Ca épaissit les mailles, donc les proportions changent aussi.

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Bon, à ce stade, j’étais un peu dépitée. J’avais assez peu envie de tout défaire encore une fois, mais je trouvais quand même le résultat très moyen. Pour couper la poire en deux, je me suis dit que j’allais commencer le corps (qui est une pièce séparée) en coupant le fil à chaque changement de couleur, pour voir la différence, et que si vraiment ça donnait mieux, je referais la tête…

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… J’ai refait la tête.

Ensuite, d’autres questions se sont posées :

  • Avec quoi on rembourre ?
  • Comment on coud les différentes parties ensemble ?
  • Qu’est-ce qu’on fait pour les yeux ?

(Pour te dire à quel point j’y allais sans préparation). Pour le rembourrage, les différents sites que j’ai trouvés recommandaient de la ouate en polyester faite pour les peluches, mais je n’en avais (bizarrement) pas sous la main, et je me suis souvenue que je le faisais pour un bébé, j’ai donc décidé de prendre de la ouate en coton bio (que j’avais déjà dans ma salle de bains). Le résultat est un peu moins souple, mais ça fait l’affaire.

Pour la couture des différentes parties, là il n’y a pas de miracle : tu trouves une aiguille, et tu balades ton fil un peu partout jusqu’à ce que ça ait l’air de tenir. Je n’ai pas d’épingles pour tenir le tout bien ensemble avant de coudre, donc mon pingouin tourne un peu la tête vers la droite, mais on va dire que ça lui donne un mouvement sympathique.

Et pour les yeux, là aussi j’avais fait les choses un peu n’importe comment : en commandant mon fil, j’avais glissé dans mon panier des yeux pour peluche, sauf que ce n’était pas un modèle adapté aux amigurumi (j’avais pris des boutons à coudre, mais comme il faut les glisser entre deux mailles, c’est difficile de les fixer correctement. En général, on utilise des safety eyes, qui ont un fermoir). Là aussi, des petites recherches m’ont appris que de toute façon, pour les enfants très jeunes, c’était mieux de ne pas mettre de boutons qu’ils risqueraient d’avaler, donc j’ai appris à faire des yeux en crochet.

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Et le voilà qui commence à ressembler à quelque chose ! Deux semaines que j’étais dessus, je ne raconte pas à quel point j’étais fière de moi. Il ne me restait plus qu’à faire l’écharpe et le casque (que je n’ai finalement pas fixé, je le trouvais plus mignon sans). Là j’ai pu faire face à la difficulté d’avoir une laine de taille et de texture différente des autres, elle était plus élastique et plus fine, ce qui faussait les proportions (d’où le fait que je n’ai pas mis le casque). Et j’ai aussi appris à faire un démarrage en ligne, puisque je ne faisais que des spirales jusqu’ici ! Mais j’avais déjà vu bien pire, et j’ai donc pu apporter la touche finale à ce pingouin chéri.

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TA-DAAAH ! Et avec ça, j’ai retrouvé la satisfaction de faire quelque chose de ses mains, et de pouvoir admirer un résultat concret. Du coup, ça fait plus de deux mois que je crochète dans tous les sens, et que j’apprends de nouvelles techniques. Ce billet est déjà suffisamment long, mais je t’en referai un prochainement pour te montrer les autres peluches que j’ai pu essayer (et il y en a bientôt une dizaine, mine de rien !).

De manière générale, c’est un passe-temps qui occupe bien les mains en regardant une série, qui permet de faire des cadeaux personnalisés aux gens et qui ne demande pas tellement de matériel (par opposition à beaucoup de loisirs créatifs). Je ne peux donc que t’encourager à tenter l’aventure si ça t’intéresse, je trouve que les résultats sont rapidement encourageants !

20 commentaires sur “[Serial crocheteuse] Le pingouin de toutes les galères

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  1. J’ai tenté, mais je crois que je suis génétiquement programmée pour être peu à l’aise avec les diagrammes et autres instructions de crochet. Par contre, j’apprécie le fait qu’il faille peu de matériel et que ça permette de faire des cadeaux personnalisés 🙂 Et très joli pingouin !

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  2. C’EST TROP PIPOUUUUUU.
    La personne qui ne peut s’empêcher de se servir de ses mains que je suis (bon dieu que c’était long à écrire) est fortement tentée.
    J’appelle ça la tentation du diable, tu n’as pas le droit, j’ai commencé la broderie alors flûte et zut je me disperse déjà dans trop de choses ! ;;

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      1. Je crois que mes didis vont se mettre à la tâche ce week-end, en espérant que j’ai assez de patience pour ne pas me fustiger aux premiers ratés. x)
        Ouiiii, la broderie c’est trop chouette ! Même avec des points de base, même un seul en fait, tu peux faire tellement de choses. T’as l’impression d’avoir le choix des possibles parce que tu peux autant faire des broderies décoratives qu’aller pimper des fringues ou des sacs, sur insta j’ai découvert un compte avec des amigurumis trop choupis et la personne m’a dit qu’elle avait brodé dessus pour rajouter des détails, j’ai une passion pas encore assez exploitée de broderie sur papier. Je touche au fil et j’ai l’impression qu’on peut dominer le monde créatif ! (moi, exagérer ? Nan, pas vrai. )

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  3. Oh, j’aime beaucoup les amigurumi mais je n’ai pas sauté le pas du crochet 😉 En tout cas, je suis tes aventures avec plaisir. Malgré l’explication de tes déboires, je trouve ce pingouin tout mignon ! 🐧

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      1. J’avoue que c’est une super idée cadeau ! J’imagine qu’il existe des patrons pour à peu près toutes les bestioles possibles et qu’il est possible de diversifier en fonction des destinataires ? Je serais super curieuse de découvrir tes autres créations.
        C’est bête, ma tante en fait aussi, mais on n’est pas très proches, elle aurait pu m’apprendre sinon ! ^^

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