La Dame n°13

José Carlos Somoza, 2003

Une nouvelle lecture commune avec Ambroisie m’amène à te parler de La Dame N°13. Si tu suis ce blog depuis ses débuts, tu as pu tomber sur ma chronique de Clara et la pénombre, mon premier contact avec Somoza et déjà une sacrée claque. J’avais promis que je retournerais voir ce que ce cher José a fait d’autre, et je pense sérieusement m’attaquer à toute sa production vu mon enthousiasme pour cette seconde lecture.

Depuis des siècles, treize Dames servent de muses pour les poètes à travers le monde. Mais ce n’est pas désintéressé : la poésie peut en effet devenir une arme pour qui sait l’utiliser correctement, et les bons vers peuvent se transformer en formules magiques, bénéfiques ou non. Les humains, dans tout ça, ne sont que des pions ignorants, qui subissent de temps à autre les effets de ces jeux de pouvoir sans en comprendre la cause. Rulfo, un professeur de lettres, et Raquel, une réfugiée hongroise, se retrouvent mêlés à toute cette histoire lorsqu’ils commencent à faire des rêves communs dans lesquels une jeune femme est sauvagement assassinée. Réalisant que ce meurtre a réellement eu lieu, ils s’allient pour tenter de comprendre leur rôle et échapper aux griffes des fameuses Dames.

On est donc bien dans un thriller fantastique sur la poésie. Sacré mélange, parfaitement improbable, mais qui marche terriblement bien ! La plume de Somoza est délicate, tout en justesse, avec quelques jeux stylistiques pour passer d’un paragraphe à l’autre, je me suis régalée. L’histoire est haletante, d’autant qu’on ne comprend pas tout dès le début et que j’étais très curieuse de savoir comment fonctionnaient ces Dames et leur univers. Attends-toi à de gros retournements de situation, et une construction parfaitement maîtrisée qui te tient en haleine jusqu’aux dernières pages.

Et l’univers justement, parlons-en ! Je suis émerveillée par le mélange de grâce et d’horreur que Somoza a concocté pour La Dame n°13. L’ambiance est noire, glaçante par moments, avec quelques scènes plutôt extrêmes et bien glauques, mais le tout est contrebalancé avec finesse par l’aspect de la poésie. On trouve une foule de références à des poètes du monde entier, des extraits de poèmes, et même le choix des mots amène une douceur dans ce qui aurait pu être un thriller abominablement lugubre. Le résultat, c’est une lecture captivante qui m’a fait osciller entre dégoût et fascination, sans jamais tomber dans la vulgarité ou les effusions de sang gratuites. J’adore l’originalité de l’idée de base, et j’adore ce qu’il en a fait, tout simplement.

Je n’ose pas en dire plus, pour ne pas te gâcher le plaisir de l’immersion dans cette atmosphère toute particulière et onirique. Mais je ne peux que te le recommander chaudement, tout comme Clara et la Pénombre d’ailleurs (qu’il a écrit juste avant). J’ai encore la Théorie des Cordes dans ma pile et j’ai hâte de l’attaquer ! Et je profite aussi de remercier Ambroisie pour cette nouvelle lecture commune, il semblerait qu’on tombe sur de très belles découvertes ensemble (c’était déjà le cas pour Ca) alors je ne doute pas qu’on recommencera l’expérience.

On est d’ailleurs toutes deux tombées d’accord sur le choix de la musique : il était grand temps que je parle de Max Richter sur ce blog, le compositeur des BO de Shutter IslandPremier ContactBlack Mirror et surtout The Leftovers (entre autres) (je dis « surtout » parce que c’est dans The Leftovers que j’ai vraiment fait attention à sa musique). Aucune hésitation pour moi, c’est « The Departure » que je te propose aujourd’hui. Le thème récurrent de Leftovers est si simple, mais tellement efficace ! J’ai immédiatement des images de la série en tête, et l’atmosphère inquiétante et douce se marie parfaitement à l’histoire de la Dame n°13. Et comme il en existe plusieurs variations, je t’ai dégoté un arrangement de toutes les versions, histoire de faire durer le plaisir. Au passage, si tu n’as pas encore vu cette série, je te conseille vraiment de lui laisser sa chance !

15 commentaires sur “La Dame n°13

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  1. La musique !! J’ai totalement oublié de mettre Sarajevo, je vais aller modifier mon article je pense, parce que oui elle s’accorde tellement bien avec l’univers de Somoza. Maintenant j’ai juste envie de sauter tête la première dans Clara et la pénombre qui est dans ma PAL sur mon bureau.

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    1. Ah oui, niveau étrange tu es servie 😀 mais ça reste compréhensible et il t’offre des explications, c’est pas juste un délire sous drogue où t’as toujours rien capté à la fin haha du coup je les recommande sans réserve !

      Aimé par 1 personne

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