[La ME du mois] Qui t’a tuée, Alice ?

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Virginie Deniau, 2018

On arrive déjà à la dernière chronique de ce mois consacré à Marathon Editions ! Cha’ et moi te présenterons encore le catalogue jeudi prochain, mais en attendant, c’est à mon tour de te parler d’un livre très sympathique, Qui t’a tuée, Alice ?, premier roman de Virginie Deniau.

Alec, quinze ans, vient de déménager avec sa mère et s’apprête à intégrer une nouvelle classe. Il découvre dans sa chambre une jeune fille, Alice, qui lui demande l’hébergement pour la nuit sans lui donner plus d’informations sur elle. Dans les couloirs de l’école le lendemain matin, il apprend qu’elle est décédée depuis six mois, dans des circonstances pas totalement claires…

C’est un roman plutôt court, à la plume fluide et efficace, qui installe le décor en quelques lignes et nous plonge immédiatement dans le quotidien de ce jeune adolescent franc, loyal et très sympathique. J’ai apprécié Alec, qui bouscule un peu les codes très stricts des histoires de lycée américain puisqu’il est à la fois sportif, populaire et simple. Il ne traîne pas avec l’élite, il ne cherche à discriminer personne, bref, le bon gars serviable et apprécié de tous. Ce n’est pas pour autant qu’il fera tout juste au fil de l’histoire, ce qui permet de donner quelques aspérités au jeune homme (et heureusement !).

De manière générale, les autres personnages ne sont pas trop caricaturaux non plus. On garde évidemment les classes sociales habituelles (la cheerleader terriblement sexy, le geek bizarre, le quarterback agressif), mais globalement chacun d’entre eux va être un peu plus travaillé, un peu affiné, et j’ai vraiment apprécié cette construction du roman qui se distancie partiellement de cette société adolescente si codifiée.

Le traitement du fantôme est aussi intéressant, puisque pour une fois on est sur un être physique, qui peut interagir avec son environnement et est juste privé de sommeil et des besoins primaires. Alice ne mange pas, mais elle peut tenir la main d’Alec, caresser son chat, écouter de la musique au casque, bref « vivre » à peu près normalement, avec toutefois une subtilité : la majorité des gens ne peuvent pas s’approcher d’elle sans être pris de nausées violentes. C’est cet effet secondaire qui fait que les gens ne connaissent pas son existence, et seuls une poignée de personnages seront capables de l’approcher.

Evidemment, cette proximité physique est bien pratique puisqu’elle va entraîner une romance entre Alec et Alice (qui aurait été plus compliquée avec un fantôme traditionnel). Je ne suis pas une grande amatrice de romances, tu le sais, mais ici j’ai trouvé ça plutôt sympa, notamment parce que ça permet d’amener d’autres sujets. Par exemple, le combat intérieur d’Alec qui veut aider son amie à découvrir la vérité sur sa mort, en sachant que ça entraînera en même temps sa disparition puisqu’elle pourra partir en paix. Et puis, plus simplement, le fait d’avoir une attirance pour une personne décédée et de ne pouvoir jamais envisager d’avenir avec elle. Ces questionnements sont bien amenés et apportent une autre lumière sur le récit, j’ai trouvé ça tout à fait appréciable.

Finalement, la partie que j’ai peut-être un peu moins aimée, c’est le thriller à proprement parler. L’enquête peine à démarrer, et le récit se concentre plus sur les relations entre les différents personnages que sur la résolution du meurtre. C’est un choix, mais au vu du résumé, j’avais autre chose en tête et j’ai dû prendre mon mal en patience pour avoir le fin mot de l’histoire. Par contre, le suspense est plutôt bien géré, j’avoue avoir suspecté plusieurs personnages et m’être laissée berner par la fin, rien à dire de ce côté-là.

Du côté de la plume, Virginie Deniau est bonne pour présenter des scènes du quotidien (même si quelques passages m’ont paru peu crédibles) et on se laisse facilement entraîner dans la vie d’Alec. J’ai regretté quelques fautes d’orthographe et des tournures inutilement compliquées, mais je ne me formalise pas plus que ça et je garde un bon souvenir de cette lecture dans son ensemble.

Finalement, il m’a peut-être juste manqué un peu de rebondissements pour en faire une très bonne lecture : ça reste un roman sensible, très sympathique et original par certains angles d’approche. J’aurais aimé un côté plus « haletant » et moins centré sur la romance, mais ça vient aussi de mes habitudes de lecture et je pense qu’il pourra te plaire si tu as plus d’affinités que moi avec les romans jeunesse, et que tu veux revivre tes émois d’adolescent !

Pour la musique de fin, je ressors les vieux albums de mes tiroirs d’ado : je voulais une chanson mélancolique, un peu guimauve, et un titre que j’écoutais à quinze ans, et Alexz Johnson me semble tout à fait approprié. « There’s us » est tirée de la série Ma vie de star dont j’étais très fan, et cette chanson en particulier a tourné en boucle pendant des jours et des jours dans mes écouteurs. C’est une chanson d’adieu, de bons souvenirs qu’on gardera précieusement, bref, on est dans le thème et j’avoue que j’étais toute contente de la réécouter !

6 commentaires sur “[La ME du mois] Qui t’a tuée, Alice ?

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  1. Vouuuii je ne sais pas trooop… Le côté thriller me fait dire ouiiiiii mais le côté romance me fait dire noooon x)
    Enfin, je suis plutôt curieuse de voir comment tout ça est mis en place dans le roman, donc peut être que je penche plus sur le ouiiii finalement ^^

    Aimé par 1 personne

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