[Prix du Polar] Sélection de mars

Je rappelle qu’on est dans le cadre du Prix du Polar du Livre de poche : j’ai terminé la lecture des trois polars du mois de mars, mon vote est envoyé, c’est le moment de te présenter tout ça ! Une sélection plus policière, entièrement francophone et un peu plus égale au niveau de la qualité (c’est en tout cas mon impression) et malheureusement composée presque exclusivement de suites de séries… Moi qui aime commencer par le commencement, j’ai été un poil contrariée mais fort heureusement ils se lisent plutôt bien de manière individuelle. Le vote a été un peu plus compliqué que le mois dernier !

Jacques Saussey – Ne prononcez jamais leurs noms

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J’ai commencé cette sélection avec Jacques Saussey, que je ne connaissais pas du tout même s’il en est déjà au sixième tome de la série Daniel Magne et Lisa Heslin.

L’histoire démarre bien : d’emblée, on assiste à un attentat terroriste dans un train français, et Daniel Magne se fait kidnapper en poursuivant l’auteur de ce massacre. Double enjeu donc pour la police : arrêter le coupable avant qu’il puisse commettre d’autres atrocités et avant qu’il se débarrasse de leur collègue.

Malgré ses 500 et quelques pages, ce polar se lit bien, il a un bon rythme et pas mal de rebondissements. Et pourtant, si j’étais vraiment emballée par la première moitié, j’ai fini cette lecture sans grande conviction. Si je dois identifier les éléments qui m’ont déplu, j’en trouve trois :

  • Le fait qu’il fasse beaucoup de références aux anciennes enquêtes du duo Magne/Heslin. Forcément, on prend leur histoire en cours de route, mais il n’est pas écrit sur la couverture qu’il faut le considérer comme un « tome 6 », alors j’aurais préféré qu’on évite toutes les notes de bas de page de type « voir La pieuvre » qui m’ont sortie de l’histoire sans pour autant chercher à m’expliquer la référence.
  • La violence « pour la violence ». Globalement, j’ai trouvé ce livre inutilement trash, sans que ce soit vraiment justifié par le scénario. L’enfance du tueur est d’une noirceur sans nom, poussée à l’extrême, et si ça ne me dérange pas en soi (par écrit, le gore, je le gère plutôt bien), le tout m’a semblé un peu déséquilibré, un poil exagéré, pas nécessaire.
  • Les enquêteurs immortels. Je ne te ferai pas la liste de tout ce qui arrive à Magne, mais il aurait dû mourir au moins quatre ou cinq fois dans ce bouquin, et ça a fini par me fatiguer. Comment veux-tu que je m’inquiète pour le héros s’il est tout bonnement increvable ?

Bref, ce n’était pas un mauvais moment, mais il ne restera pas gravé dans ma mémoire. Je me suis trop vite détachée du suspense, à cause d’un tueur trop violent, torturé, psychopathe et un enquêteur trop indestructible, extralucide, immortel. Et vu que je n’étais pas familière avec Magne/Heslin, je n’avais pas l’attachement qu’on peut avoir pour eux après six tomes, donc leurs histoires personnelles me passaient au-dessus. Le style me fait pas mal penser à Thilliez (je n’ai lu que Angor alors je peux me tromper) et son duo Sharko/Henebelle, plume qui ne m’emballe pas non plus (un peu pour les mêmes raisons). Il a ses qualités, il plaira certainement aux amateurs de Thilliez (et je sais qu’ils sont nombreux !), mais ce n’est pas le genre de polar qui me parle.

Niko Tackian – Toxique

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Ce livre est peut-être celui qui me faisait le plus envie en découvrant la sélection. Ca s’annonçait comme un bon thriller psychologique, court et intense, et ça s’est avéré plutôt une bonne surprise.

Tomar Khan se retrouve chargé d’une enquête sur la mort d’une enseignante d’école maternelle. Dans l’ambiance des attentats de Paris, ce n’est pas un événement à prendre à la légère, et il va lui falloir toute son énergie pour gérer à la fois cette affaire et les complications de sa vie privée.

Tout comme le premier, ce livre se lit bien et rapidement. Il est plutôt court, il évite les temps morts, et il prend le pari de développer plus ou moins trois arcs narratifs en même temps (l’affaire principale, une deuxième affaire, et la vie privée de Tomar), ce qui le rend plutôt dense. Le héros est loin d’être parfait, il connaît son lot de souffrances et de défauts, les personnages sont globalement bien développés, et l’enquête principale m’a plutôt emballée.

J’ai appris en faisant mes recherches que c’était le premier tome de la série Tomar Khan, et j’en ai été bien surprise parce qu’en le lisant, j’avais l’impression d’avoir raté un épisode (enfin, dans le sens où je croyais que la dynamique entre les personnages avait été installée dans un roman antérieur). Rien de rébarbatif pour la lecture en tout cas, c’est un polar agréable qui contient son lot de rebondissements et se lit sans difficulté.

Le seul point négatif que je peux lui trouver, c’est qu’il va un poil vite. Je n’ai pas vraiment eu le temps d’émettre des hypothèses, de me faire balader, d’être totalement prise dans le suspense. Je pense qu’il aurait pu me percuter beaucoup plus, mais ce rythme effréné m’a laissée un peu en-dehors de l’histoire.

Au final, je le trouve efficace, dynamique, sympathique, mais pas follement original et un peu expéditif. La conséquence, c’est que deux semaines après l’avoir lu, je suis déjà en train d’oublier des bouts d’enquête. J’aurais aimé qu’il me marque plus, je garde le souvenir d’un thriller assez conventionnel finalement.

Ian Manook – La mort nomade

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Dernière lecture du mois de mars, La mort nomade m’a amené dans un tout autre univers.

Yeruldelgger, ancien flic, a quitté son poste pour partir seul dans les steppes mongoles, dans une sorte de retraite spirituelle qui sera malheureusement de courte durée. Une nomade vient le trouver pour qu’il l’aide à retrouver sa fille disparue, des cadavres font surface dans le désert, la paix et la tranquilité ne sont pas au programme.

Je me plaignais un peu du manque d’originalité des deux premiers polars, là on peut dire que je suis servie ! Ce livre est très différent de tout ce que j’ai pu lire en roman noir et policier, autant dans la forme que dans le fond.

Au niveau de la forme d’abord, on a un décalage très particulier entre la vulgarité de certaines situations et le ton plutôt soutenu utilisé pour les décrire. On a de nombreuses allusions aux poitrines des dames et aux attributs masculins, et même un peu de pipi-caca pour compléter le tableau, mais le langage est impeccable et soigné, ce qui coupe en grande partie le côté potache de la chose. Je pense donc que c’est une plume qui risque de diviser, personnellement je n’étais pas totalement envoûtée (même avec un vocabulaire distingué, lire une scène dans laquelle le gars fait ses besoins par terre pendant que la nana lui raconte sa vie, ça reste un registre qui me passe un peu au-dessus), mais je reconnais que l’écriture est très travaillée et quoiqu’on en dise, ça fait toujours plaisir.

Au niveau du fond, La mort nomade propose un vrai dépaysement, à la rencontre des terres mongoles et de leurs conflits. C’est un univers que je connais très peu et c’était un vrai plaisir de le découvrir sous cette forme-là. L’enquête en elle-même oscille entre le sordide et le loufoque, on alterne entre les phases violentes et plutôt sombres et des dialogues humoristiques, légers…. Là encore, c’est un décalage qui peut déconcerter mais qui a le mérite de proposer quelque chose de différent.

Je pense que j’aurais d’ailleurs été plus impliquée dans l’histoire si j’avais pu la prendre depuis le début, puisque La mort nomade est le dernier tome de la trilogie de Yeruldelgger, qui résoud probablement une partie des situations des autres épisodes. J’ai regretté d’arriver en cours de route, et j’ai trouvé quelques longueurs à l’histoire mais qui sont peut-être simplement dues au fait que je n’étais pas au courant des enquêtes précédentes, justement.

Je n’ai donc pas été totalement emballée,  mais j’ai apprécié l’originalité de ce roman, son dépaysement et tout le soin et le travail apportés tant à la plume qu’au scénario. J’aurais préféré lire les autres tomes d’abord, même s’il se comprend tout à fait de manière individuelle, et c’est celui qui a le plus de chances de me rester en mémoire longtemps, de par sa proposition inédite.


J’ai un peu hésité au moment du vote : j’avais le choix entre Toxique, qui m’a fait passer un très bon moment mais est resté un peu trop conventionnel et expéditif, et La mort nomade dont je n’ai pas forcément aimé tous les choix stylistiques et scénaristiques mais qui montre une certaine recherche, une envie de sortir des sentiers battus et un sacré travail. Finalement, j’ai décidé de privilégier l’originalité, et c’est La mort nomade qui a obtenu mon vote ! J’attends encore le coup de coeur, après avoir lu un tiers de la sélection totale… Peut-être qu’il sera au rendez-vous en avril, je croise les doigts !

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