La ville noire

Boris Akounine, 2015

9782264069467

Je ne suis pas sûre de réussir à faire une critique constructive de ce livre. J’essaie de faire des chroniques lorsque j’ai un coup de coeur, ou lorsque j’ai vraiment quelque chose à raconter. Là, je suis mitigée : je n’ai pas été transportée par ce roman, mais je n’ai pas grand chose à lui reprocher et du coup je pense qu’il peut plaire aux amateurs d’un certain genre. Bref, je vais arrêter de m’embrouiller et reprendre du début.

J’ai reçu ce livre d’une Géorgienne qui voulait me faire partager un auteur de son pays, Boris Akounine. Toujours motivée à sortir de ma zone de confort, je suis donc partie dans d’excellentes dispositions. J’ai un peu déchanté quand j’ai découvert qu’il s’agissait en réalité d’une série de livres autour du même enquêteur fictif, Eraste Fandorine, et que La ville noire en est le 13e tome. Je n’aime pas du tout prendre les séries en cours de route, et j’étais bien embêtée : soit je le faisais quand même, au risque de ne pas comprendre toutes les références aux aventures antérieures (c’est pas bien grave en soi, dans ce schéma « une enquête par livre », mais ça m’agace), soit je m’envoyais les DOUZE livres précédents. DOUZE ! Et qu’est-ce que ça veut dire, que si je lis le premier et qu’il ne me plaît pas, je dois dire « Eh salut, j’ai pas lu ton livre parce que j’en ai lu un autre et j’ai pas aimé ! Allez, bisous ! » ? Du coup j’ai fait un entre-deux, j’ai lu quelques résumés des anciens tomes pour me faire une idée du personnage principal et j’ai attaqué La ville noire.

Nous sommes en 1914. Eraste Fandorine, donc, détective privé de son état et accompagné de son fidèle serviteur japonais Massa, doit se rendre dans la ville de Bakou, surnommée « La ville noire » en raison de son abondance de pétrole, pour poursuivre un révolutionnaire qui menace la vie du tsar. Bakou est en réalité une ville pleine de dangers, contrôlée par des grandes puissances attrées par l’or noir. Et au passage, Eraste tente de se débarrasser de sa femme (pas l’éliminer, hein, juste divorcer, on se calme) qui joue les vedettes de cinéma dans la même ville.

Malgré le cadre qui s’adapterait parfaitement au thriller très sombre, on est plutôt dans un roman d’aventure, rocambolesque et invraisemblable, à la manière d’un Indiana Jones. Et c’est là qu’est l’os : Indiana Jones, je l’adore en films, mais je ne crois pas que j’aurais apprécié de lire ses aventures. Je ne sais pas vraiment à quoi ça tient, mais en livre, si je suis absolument certaine que les gentils vont s’en sortir et que les méchants vont payer, et qu’on me met quelques rebondissements au milieu pour m’occuper, j’ai de la peine à rester captivée. Je crois que j’ai besoin soit de suspense, soit d’émotions, et dans ce genre de livres on me sert un suspense un peu en carton puisque de toute façon je ne me fais aucun souci pour les héros. Mais si j’ai quand même choisi de te parler de La ville noire, c’est parce que je le trouve vraiment bien fait, et je suis persuadée qu’un amateur du genre peut y prendre beaucoup de plaisir. Les personnages sont hauts en couleurs, on joue sur les différents accents (le producteur de film qui essaie de mettre du français dans ses phrases mais qui prononce très mal, …), j’ai souvent eu envie de faire des parallèles avec Le tour du monde en 80 jours, entre le héros très intelligent et un peu loufoque (qui est en l’occurence une sorte de ninja) et Jackie Chan son fidèle acolyte asiatique. Et je dois avouer que j’ai été surprise par certains retournements de situation, l’histoire est sympathique et dépaysante et le style a son potentiel comique.

En bref, je n’ai pas passé un mauvais moment, je ne suis pas transcendée non plus parce que ce n’est pas mon genre de prédilection et qu’il me manquait certains ingrédients qui me tiennent en haleine. Mais c’est un avis tout à fait personnel, et je reconnais sans peine que l’auteur a du talent, alors si tu es plus porté que moi sur les romans d’aventure je pense que tu peux apprécier cette lecture !

Pour finir en musique, je te propose un petit Goran Bregovic de derrière les fagots : OK, c’est pas la bonne région, mais Goran est né à Sarajevo, et Eraste Fandorine parle d’aller à Sarajevo suite à l’attentat de François-Ferdinand (eh oui, on est en 1914), donc il y a un petit lien… Et puis c’est une musique qui donne le sourire, et qui a ce côté loufoque que j’ai retrouvé dans ma lecture.

4 commentaires sur “La ville noire

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  1. Effectivement, ce n’est pas évident de critiquer un livre sur lequel nous sommes mitigées ou comme toi qui fait partie d’une série que l’on découvre.
    Comment cela se fait d’ailleurs ?

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    1. Oui, je me suis dit que ce serait un bon exercice ! Je ne sais pas si l’auteur veut qu’on les prenne comme des livres indépendants ou si la traduction s’en est chargée, mais je n’ai trouvé aucune indication sur le livre en lui-même, c’est sur internet que j’ai découvert que Fandorine était un héros récurrent, et ça expliquait quelques zones d’ombre de l’histoire. Mais ce n’est pas crucial de les lire dans l’ordre je pense ! Et si ça se trouve, celle qui me l’a offert ne savait même pas qu’il y en avait d’autres 🙂

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