La fille d’avant / The girl before

J.P. Delaney, 2017

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J’arrive enfin à sortir la chronique que je t’annonçais il y a une semaine, le temps de faire mûrir un peu mes impressions et d’organiser tout ça par écrit. J’avais beaucoup entendu parler de La Fille d’avant, souvent en des termes très élogieux, et j’ai probablement eu trop d’attentes. Je ressors de cette lecture un peu sceptique, pas forcément frustrée mais pas emballée non plus.

L’histoire s’articule autour de deux héroïnes, Emma et Jane, qui choisissent à deux époques différentes de s’installer dans une maison bien particulière. Projet un peu fou d’un architecte de renommée internationale, ce bâtiment est autant un foyer de luxe, meublé avec goût et sobriété, qu’un compagnon de vie grâce à son ordinateur intégré qui peut surveiller l’alimentation, les besoins, la santé et l’état psychologique des habitants. Excellente idée pour se remettre dans le droit chemin, ou piège malsain et destructeur ?

Le principe de la maison high-tech qui contrôle la vie des gens m’a tout de suite plu. Pas dans le sens où j’aimerais y vivre, au contraire, mais j’étais vraiment curieuse de voir comment l’histoire allait s’organiser autour de ça. Mais, sans préambule une première déception : finalement, on ne s’intéresse pas tant que ça à cette maison. Attention, toute l’intrigue s’y passe, à peu de choses près, mais étonnamment j’ai trouvé que l’idée n’était pas assez exploitée. Alors oui, on perçoit le côté dérangeant et intrusif de cet ordinateur central, mais le traitement reste très soft (alors que ça aurait clairement pu virer au cauchemar). A mon grand désarroi, le livre se concentre beaucoup plus sur l’architecte que sur la maison. Et justement, parlons-en de cet architecte.

Je te présente Edward, jeune et somptueux architecte intransigeant qui est plein aux as et qui a un côté autoritaire très sexy (soupir d’exaspération). Je croyais qu’on avait fait le tour avec 50 nuances de Grey, mais apparemment ce genre de personnages est encore au goût du jour. Fantastique. Bref, Edward choisit lui-même qui aura l’honneur d’habiter dans sa maison, (et la régie n’a toujours pas compris qu’il n’acceptait que des jeunes femmes, bonjour le sens de l’observation) et se permet d’emballer ces demoiselles pour le même prix. Mais attention, Edward est maniaque, dominateur et n’aime pas être contrarié. Alors je le dis une bonne fois pour toutes : j’ai assez lu de bouquins sur des sociopathes manipulateurs, j’apprécierais qu’on varie un peu les clichés et j’avais acheté un bouquin sur une maison oppressante moi, pas sur une romance pseudo-torturée.

Enfin bref. Passée cette désillusion, je dois dire que je n’ai pas détesté ma lecture. Au contraire, ça se lit bien, le rythme est soutenu et j’avais quand même envie de connaître la fin. On alterne entre les chapitres sur Emma et les chapitres sur Jane, et les deux époques se font écho de manière assez efficace. Je n’ai pas du tout réussi à m’attacher aux deux héroïnes par contre, ce qui est plutôt ennuyeux si on me demande de m’inquiéter de leur sort. Elles sont un peu fades, parfois agaçantes et un poil trop bornées pour que j’aie envie de les plaindre.

Et puis, dernier petit bémol pour la route, je retrouve le même problème que dans La fille du train : si tu veux installer un suspense sur le dénouement, évite de tourner avec cinq personnages en tout et pour tout dans l’ensemble du livre. Forcément qu’on envisage le tueur à un moment donné, avec un choix aussi restreint. M’enfin.

Pour autant, je ne peux pas dire que je te déconseille ce livre : il a un côté original, c’est assurément un page-turner, et c’était pile ce dont j’avais besoin pour me donner un nouvel élan de lecture pendant ces vacances. Mais je trouve qu’il manque de crescendo, on reste très gentils au niveau du glauque et de l’espionnage constant, du contrôle de la personne par une machine (alors que vraiment, il y avait de quoi faire !) et les deux héroïnes manquent d’âme et de vie. Je dirais qu’il n’est pas totalement abouti, mais je suis pénible pour les thrillers et il a plu à beaucoup de monde alors n’hésite pas à lire des chroniques plus enthousiastes pour tempérer mes propos !

Pour finir sur du positif, je te laisse avec un classique indémodable et dont je ne me lasse pas. Cette version est ma préférée, mais Alt-J en a fait une reprise assez magistrale et j’aime beaucoup sa réécriture au piano par Ramin Djawadi pour la série Westworld.

 

 

13 commentaires sur “La fille d’avant / The girl before

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  1. Faut que t’arrêtes avec les chansons formidables que tu mets à la fin de chacune de tes chroniques, elles sont tellement merveilleuses ** Bon alors ce livre ne me tentait pas mais si en plus te dis que les clichés des sociopathes sont omniprésents ça ne me tente encore moins. Du coup j’en connais assez pour savoir qu’il ne va pas me plaire du tout.

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    1. Ohh, je suis ravie que ça te plaise !!
      Non, je pense que tu peux passer ton tour pour celui-là, surtout si tu n’as pas beaucoup de temps pour lire ces derniers mois 🙂 Concentre-toi sur des valeurs sûres 😉

      J'aime

  2. Je ne pense pas être convaincue par cette histoire, pour les points que tu soulèves, notamment les possibilités restreintes vu le petit nombre de personnages et de coupables potentiels ^_^ Merci pour cet avis éclairant 🙂

    Aimé par 1 personne

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